Réflexions philosophiques

Quel monde laisser à nos enfants ?

Eloge de la sobriété par ce président sans avion présidentiel

« José Mujica, surnommé Pepe Mujica, a été Président de l’Uruguay de 2010 à 2015. Ex-guérillero des Tupamaros dans les années 60-70, il a été détenu en tant qu’otage par la dictature entre 1973 et 1985. Il prône une philosophie de la vie axée sur la sobriété : apprendre à vivre avec ce qui est nécessaire, et le plus juste. »

« Soit on est heureux avec peu de choses, sans trop s’encombrer, car le bonheur, on l’a en soi, soit on n’arrive à rien. Je ne fais pas l’apologie de la pauvreté mais l’apologie de la sobriété. »

Merci à Yann ARTHUS-BERTRAND pour cet émouvant témoignage tiré du film HUMAN

————————————————————————————————————–

Le DALAÏ LAMA :

Avant de sortir du confinement, il serait bien que tout le monde puisse lire (ou relire !) cette méditation du Dalaï Lama ! Que ce temps que nous venons de passer puisse avoir des effets positifs…

Publiée par Bertrand Cherrier sur Mercredi 6 mai 2020

————————————————————————————————————–

Si on veut agir, c’est tout de suite

Jean JOUZEL, climatologue, lanceur d’alerte climatique, dit et répète que, quoiqu’on fasse la crise climatique est prévisible et qu’il est urgent de prendre les bonnes décisions .

Les lois sont là, les accords sont signés mais les objectifs européens sont loin d’être réalisés. Rien ne se passe, les émissions à effets de serre continuent à augmenter.

Les jeunes sont les premiers concernés par notre inaction. Ils auront à faire face à des conditions climatiques qui leur seront très défavorables et qui accroitront des inégalités sociales.

« Chaque année perdue entraînera des mesures de plus en plus drastiques. Cette crise sanitaire et économique est un bon moment pour réagir, pour redémarrer d’une façon différente. Il ne faut pas abandonner l’action. Il n’y a aucun secteur d’activité où vous pouvez dire que le réchauffement climatique n’est pas votre affaire. Chacun peut se mobiliser au niveau professionnel, privé, collectif se mobiliser. « 

————————————————————————————————————–

Le monde d’après en 3 minutes selon Fred Vargas

————————————————————————————————————–

Le monde d’après en 3 minutes pour Aurélien BARRAU

————————————————————————————————————–

Le 28 novembre 2019 Cyril DION à la Grande Librairie :

« 60% des vertébrés ont disparu en 40 ans ! – Nous sommes la nature – Produire de la nourriture localement – Produire de l’énergie localement, plutôt renouvelable – Baisser notre consommation d’énergie – Arrêter de bétonner – Régénérer, recréer des habitats pour les espèces sauvages… »

————————————————————————————————————–

Le 25 mars 2020, Boris CYRULNIK :

« Après chaque catastrophe, il y a un changement de culture »

————————————————————————————————————–

Edgar MORIN : un festival d’incertitudes

Que nous réserve le jour d’après ? Les différents scénarios livrés à la réflexion…

————————————————————————————————————–

L’après sera en faveur de mesures néolibérales !

Le philosophe américain Philip MIROWSKI n’est pas très optimiste sur le jour d’après :

Après le confinement, 2 voies possibles :

  • les écologistes militent pour une relance centrée sur les besoins essentiels
  • les industriels veulent combler le retard pris par un surcroît de travail

« Aux Etats-Unis, alors même que 26 millions d’Américains ont perdu leur emploi en quatre semaines, la fortune cumulée des milliardaires a augmenté de 308 milliards de dollars. Un coup d’œil dans le rétroviseur ne laisse que peu de place à l’optimisme : après la crise des subprimes de 2008, les financements ont été pour les entreprises, et l’austérité pour les particuliers. Rien de plus normal, selon l’historien américain Philip Mirowski : en étudiant la crise de 2008, il a observé que les néolibéraux étaient mieux organisés que la gauche, ce qui leur a permis de tirer un meilleur parti de la crise…. il explique que les crises focalisent notre attention sur des problèmes urgents de court terme à gérer, permettant aux néolibéraux mieux organisés de mettre en place le modèle de société qu’ils souhaitent : un marché moins régulé, devenu une institution autonome. »

« Je pense que la gauche se fait aujourd’hui rouler en croyant cela, de la même manière qu’elle s’est fait rouler en 2008. L’après ne sera pas favorable au modèle de société de la gauche, mais plutôt à une accélération des mesures néolibérales. Cet épisode mènera, selon moi, à un moment de stabilisation ploutocratique : un très petit groupe de gens va s’accaparer un immense pouvoir. Le contrecoup sera encore plus rude cette fois, pour plusieurs raisons. D’abord, les retombées de cette crise risquent d’être plus importantes : on voit se profiler une récession comparable à celle de la Grande Dépression. Il faut ajouter à cela le fait que la situation est actuellement gérée par des profiteurs qui vont chercher à s’approprier le plus de ressources possible. »

« La réaction politique sera elle aussi bien pire qu’en 2008, car il y aura cette fois une tonalité populiste et nationaliste plus prononcée. »

« Emmanuel Macron critiquait récemment le modèle de société qu’il s’appliquait pourtant à mettre en place, régi par un marché peu soucieux des enjeux écologiques. Il parlait d’une relance «décarbonée». Pourquoi ne pas croire à une relance écologique à la sortie de crise ?
Il ne faut pas s’imaginer que les néolibéraux ne croient pas au changement climatique. S’ils ont semé la confusion dans le débat après 2008, c’était simplement pour gagner du temps pour s’approprier les investissements écologistes – la géo-ingénierie, par exemple, qui devrait selon eux être laissée entre les mains des entreprises. Tant que la solution passe par le recours au privé, cela convient à une vision néolibérale de la société.
Une autre raison toute simple qui va à l’encontre de l’avènement d’un Green New Deal, c’est qu’une part de la crise à venir est liée à la chute du prix du baril de pétrole. Cela encourage une plus grande consommation d’hydrocarbures – c’est à l’opposé de l’idée de la taxe carbone, qui voulait réduire notre consommation en instaurant un coût rédhibitoire pour le consommateur. Un marché encore moins régulé, une industrie pharmaceutique toujours plus forte et une accentuation du discours populiste : voilà le futur qui nous attend. Evidemment, dans un premier temps, on célébrera les élans de solidarité que l’on a eus, on mettra en avant un nationalisme rassurant. Mais, en sous-main, cette crise aura pérennisé un peu plus un système bien plus stratifié, où les gens reçoivent moins de soins et où la santé sera remise au domaine privé. »

Extraits de : Philip Mirowski : «L’après ne sera pas favorable à une société de gauche, mais à une accélération des mesures néolibérales»
Propos recueillis par Nicolas Celnik — Article du journal LIBERATION du 28 avril 2020 à 17:06

————————————————————————————————————–

« Pour le déconfinement, je rêve d’un carnaval des fous, qui renverse nos rois de pacotille »

Reporterre a interrogé Alain DEMASIO. Propos recueillis par Hervé Kempf

« Comment penser les conséquences politiques, collectives et individuelles de la pandémie

de Covid-19 et du confinement ? Dans cet entretien, l’écrivain Alain Damasio remet

notamment le concept de biopolitique au goût du jour, s’intéresse à notre rapport à la

mort, vante le pouvoir de l’imaginaire et de l’expérience vécue, indispensables pour

envisager une autre suite.« 

« Je vois pourtant un côté positif dans la plasticité de notre réaction collective... Cette plasticité, je la trouve admirable quand elle repense le partage. »

« Stop ! On ne reprend pas les choses comme avant ! « 

« La décroissance devient un horizon moins théorique, moins aberrant pour les
petits capitalistes que nous sommes malgré nous… « 

Contribution de Hervé D.

————————————————————————————————————–

Profiter de cette situation pour changer

« Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, c’est gâcher une crise »

« …Nous sommes envahis de virus et nous vivons très bien avec… »

« On disait qu’il était impossible de tout arrêter, on l’a fait en deux mois. »

« Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour voir ce qu’on garde ou pas, c’est gâcher une crise, c’est un crime. »

Bruno Latour, sociologue, anthropologue et philosophe des sciences

————————————————————————————————————–